6 mois

Nous voici en voyage depuis des mois à écumer les routes, saucissonner nos affaires dans des sacs à dos de plus en plus sales et passer des heures dans tous les moyens de transport possibles.

La fatigue, le réconfort d’une bonne soupe, l’envie de s’enfouir sous une couette douillette qui sent bon ou d’avoir une maison à soi se font parfois sentir.

Surtout, l’argent est toujours un problème. Entre arnaque et corruption, les comptes deviennent pénibles. Il faut sans cesse être l’affût, vérifier, calculer, ce qui épuise les esprits au quotidien.

Pourtant, malgré les corps un peu amaigris, les vêtements usés et les douleurs musculaires, nous continuons à garder les yeux grands ouverts. 

Ce voyage est intense. Nous vivons en quelques mois ce que nous aurions mis des années à comprendre.

Chaque jour est une leçon, chaque semaine une claque. Nous nous relevons, toujours plus forts, plus alertés. Les prises de conscience sont parfois si violentes que la chute est douloureuse et la guérison plus longue.

Nous apprenons des autres. Nous sommes partis pour trouver des réponses que nous avions déjà en nous. Nous sommes partis pour avoir des certitudes.

Alors que nous quittons le Vietnam après avoir découvert les minorités ethniques des montagnes du Nord, nous gardons en nous les fous rire d’une mamie à la vue de Quentin prenant des photos de morceaux de cochons pendus, les pleurs du petit dernier qui ne cesse de se chamailler avec ses frères, les chants étonnants des coqs à 6h30 tous les matins ou encore le goût de la canne à sucre sur les chemins des rizières. Nous sommes toujours surpris de voir à quel point le cerveau fait rapidement le tri dans les souvenirs, ne gardant que les instants d’émotion, de joie, de bonheur. Ainsi, même si au premier abord nous n’avons pas été conquis par les pays d’Asie du sud, nous nous surprenons à tempérer nos propos en se rappelant tous les bons moments passés ici. 

Notre mental a cette force incroyable. 

Aujourd’hui ces petites choses sans importance qui nous semblaient faire notre bonheur : des gaufres, des cafés stylés, du shopping pendant des heures, des draps propres chaque semaine, des recettes thermomix réussies, un ventre plein, une couette chaude, une chouette vie ; aujourd’hui, nous urinons parfois avec des blattes sous les yeux des araignées, nous dormons dans des draps sales et nous nous séchons dans des serviettes déjà utilisées. Nous prenons des bus, des trains et portons 20 kgs d’affaires dont nous n’avons profondément plus grand-chose à faire. Ces petits riens sans importance nous appellent parfois et nous comprenons que sortir de notre zone de confort est saisissant. 

Or, les limites de cette zone de confort, et c’est bien là le tour de force, ne cessent d’être repoussées. Quand il nous paraissait incroyable de ne pas savoir où on allait dormir le soir, d’échanger avec des locaux qui ne parlent pas anglais, de passer 24h/24 ensemble ou encore de faire 1500 kms en scooter, tout ceci est notre quotidien et nous fatigue sans vraiment nous désarmer. Notre cerveau demande plus, toujours plus et les seuls voyageurs rencontrés qui nous inspirent et nous étonnent vraiment tout en suscitant une admiration sans borne sont les cyclistes (nous avons par exemple rencontré Eric ralliant la Chine à la Suisse en vélo) ou encore les familles (Edith et Gabriel qui sont sur la route avec leurs trois enfants pour un tour du monde que vous pouvez suivre sur Facebook sous le nom « Odyssée Tamata »).

Nous entamons notre sixième mois de voyage avec cette envie de prendre davantage de temps pour nous. Vanessa commence finalement son contrat le 20 mai à Nouméa ce qui marque la fin du voyage en sac à dos et le début d’une nouvelle vie en Nouvelle Calédonie. En attendant, nous allons profiter de Bali durant un mois et vous préparer d’autres articles et photos/vidéo pour vous faire voyager encore avec nous !