Bali la belle

Et tout à coup, tout s’arrête. On retrouve une vie sédentaire, on retrouve un endroit où poser nos affaires pendant des jours et on essaie de créer de nouvelles habitudes. On repense, un peu, à tout ce qu’on a vécu et puis on oublie aussi. On se surprend à s’ennuyer, parce que sans but, sans objectif dans la journée, on peut se lasser. La vie paraît si simple quand on sait où dormir, ou manger et qu’on n’a pas d’autres préoccupations que celles de choisir entre piscine ou mer, restau italien ou français, short ou jupe, maillot une pièce ou deux.

On attend, on observe et finalement on retrouve du plaisir à ne rien faire.

On se repose, on prend conscience que notre corps a besoin de calme, de temps.

On prend des douches froides, on dort avec les geckos. On écoute les animaux qui grouillent tout autour de nous, il y a des cris qu’on ne reconnaît pas, on nourrit les chatons abandonnés et on se protège des orages grandioses qui apparaissent à la nuit tombée. On repense a Nyepi, aux Ogoh Ogoh et on suit les balinais dans leurs offrandes et leurs processions, on prend les fleurs de frangipanier en photos. On fait connaissance, tranquillement, et on apprend quelques mots. On ne parle pas aux touristes, on n’a pas envie d’aller boire des verres et faire la fête. On se couche tôt, on se lève tôt, sans réveil ni rendez vous. On dort, beaucoup. 

On découvre le yoga et de nouveaux muscles, le surf et de nouvelles sensations. On s’écorche les pieds sur les coraux, on se fait prendre dans des rouleaux qui nous font avaler de l’eau salée jusqu’à n’en plus pouvoir. On retourne sur la plage, fascinés. Par la puissance de la mer, par la dextérité des autres surfeurs et par cette sensation incroyable d’avoir voler au dessus de l’eau. On ne se lasse jamais de regarder les marées montantes et descendantes et on se dit que la mer est certainement un des endroits les plus apaisants au monde. On pense aux poissons, à la vie maritime et à tout ce plastique qu’elle déverse après les tempêtes. On refuse les pailles au restaurant, on nettoie la plage de temps en temps et on lit pour apprendre comment réduire notre impact au quotidien. 

On rit, on mange beaucoup, on redécouvre les saveurs qui nous avaient tellement manquées, on ne compte plus mais on fait quand même un peu attention. On pense aux voyages que l’on n’a pas fait, les pays où l’on aimerait retourner. On se dit qu’on est bien peu de chose et puis on se dit qu’on est tout l’un pour l’autre. On s’aime. On pense au futur, celui proche qui nous mènera à d’autres plages, d’autres découvertes insulaires, celui plus lointain qui nous fera retrouver les nôtres.

On pense à notre indescriptible chance.