Mon pays, c'est Bangkok

18h-parc lumphini. Les centaines de joggers, danseurs et sportifs en tout genre s’immobilisent. L’hymne national retentit à travers les hauts parleurs disséminés dans le parc. Durant 1 min, le temps s’est arrêté. Personne ne bouge, le silence est total, même les enfants qui criaient et couraient autour de nous se sont docilement arrêtés de jouer. On se croirait dans un film ou pire dans un épisode de Black Mirror.

Nous assistons simplement à une scène quotidienne de profond patriotisme.
« Le patriotisme désigne le dévouement d’un individu envers le pays qu’il reconnaît comme sa patrie ». Il peut être local, régional, national et enfin européen et universaliste.

Nous aimons la France. Parce que nous avons la chance d’avoir accès à la culture (ciné, théâtre, danse, musique etc...), parce que nous sommes libres de penser et nous exprimer sous toutes les formes, parce que nous avons définitivement une des meilleures gastronomies au monde, mais aussi pour ses paysages variés, son climat, sa belle langue et sa diversité de population.
Quand nous entendons les écoliers birmans chanter leur hymne au début de chaque journée de classe et que nous assistons à cette minute de silence thaïlandaise quotidienne, nous n’avons vraiment pas le sentiment d’être patriotes.

Cela nous pose question : faudrait-il être davantage fiers d’être français ?
Nous n’imaginons pas nos enfants, main sur le cœur, clamer chaque matin la marseillaise devant un instituteur en uniforme.

En revanche, force est de constater qu’une grande majorité de français se réjouit des jours fériés sans en mesurer le sens et qu’une partie non négligeable de la population refuse d’admettre que l’on puisse être reconnaissant envers une patrie sans même y être né.

Ce qui nous parait délicat, c'est que nous confondons régulièrement patriotisme et nationalisme. Pour preuve, notre génération associe automatiquement le patriotisme aux mouvements d'extrême droite qui se sont emparés de ce flou pour en faire leur cheval de bataille.
Pour nos 30 ans, nous nous sommes offerts un test génétique. Il était important pour nous de connaître nos racines, comprendre d’où l’on vient permet de mieux savoir où l’on va !
Le résultat a été à la hauteur de nos espérances. Avec des origines européennes pour Quentin et mondiales pour Vanessa, nous avions la preuve d’être des citoyens du monde. Nous avions la preuve, que malgré la certitude de parfois être profondément français depuis des générations, l'amour n'a pas de frontière et le sang est mêlé, qu'on le veuille ou non, à l'histoire et aux mouvements de population de chaque pays. 


Ainsi, pour nous, une chose est sûre, s’il fallait être patriotes, nous serions fiers de ce que la France nous apporte mais avant tout, nous serions profondément universalistes !