1500 kms à travers le Dasht-e-kavir

Un soleil de plomb, une clim qui donne le frisson, des lignes droites interminables.

Direction Khur, une petite ville au centre du désert qui n’a guère d’attrait hormis sa position géographique ( à mi chemin entre deux oasis) un joli hôtel et... c’est tout.

 

Chapitre IV: 1500 kms à travers le Dasht-e-Kavir

Nous voyageons en Mahmooly class qui consiste en un bus relativement spartiate. A notre gauche, le désert. A notre droite, le désert. En face, des kms d’asphalte à perte de vue. 

La monotonie des paysages qui défilent sous nos yeux n’en reste pas moins fascinante. Les montagnes qui se dressent à l’horizon sont d’une beauté rare. Façonnées par des siècles d’érosion, dépourvues de toute végétation, un côté mystique se dégage de ses géants de la nature. 

A l’arrivée, bien que ce ne soit pas dans nos intentions et assez cher, nous acceptons de passer une nuit dans le désert avec deux iraniens. 

L’impression d’être dans une soirée d’ados de 15 ans se fait rapidement sentir.

Un feu est allumé a grandes giclées d’essence, l’un d’eux sort un narguilé.

Le pick up crache une musique plutôt orientale bien qu’un improbable « pour que tu m’aimes encore » de Céline Dion fasse son apparition au milieu de la playlist.

Nos deux hôtes n’ont pas monté de tente pour eux, ils dormiront dans la voiture. 

Ils sont amis, parlent peu anglais. Nous observons ensemble la tempête qui avance en disant « oulala » et en agitant les mains. Tout en s’entraidant pour faire face aux conditions imposées par la nature, nous réussissons à leur dessiner une carte de la France sur le sable, désignant Lyon près des Alpes. 

L’un d’eux nous montre des photos de son mariage (robe blanche et petits fours comme ceux que l’on connaît).

Le vent nous envoie du sable de toute part et refroidit rapidement nos assiettes remplies de brochettes de poulet et de riz.

 

19h: il fait totalement noir et le ciel est bouché par les nuages menaçants. Un scorpion en profite pour nous dire bonsoir.

La nuit sera fraîche, les rafales de vent agitant fortement la toile de tente nous réveilleront régulièrement. 

Nous nous lèverons à 7h, plongeant nos orteils dans le sable doux et encore frais.

Pour tout avouer, on imaginait une petite virée dans le désert, le bois craquant et les hôtes chantant des airs traditionnels sur des instruments inconnus face à l’immensité des dunes. On se voyait peut être s’allonger sur des tapis persans sous une grande tente, regarder les étoiles et s’endormir aux sons des dromadaires qui blatèrent. 

 

Bref, on était loin de tout ça, cette soirée est surtout allée à l’encontre de tous nos principes, notamment écologiques, et nous a fait un peu regretter notre faiblesse temporaire. Cependant, la gentillesse de nos hôtes rattrape largement tout le reste et la vision des oasis, si chères à Vanessa, les palmiers-dattiers et les chacals qui y rôdent, reste des moments mémorables durant cette escale. 

Iran

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