« Partir non pas pour voir de nouveaux lieux mais voyager pour ouvrir de nouveaux yeux. » Gaël Faye

Partir, laisser ses habitudes quotidiennes, les escaliers à monter, l’épicerie du quartier, les voisins bruyants, les brioches au chocolat et les gaufres sucrées.
Perdre ses repères sans se perdre, créer le manque sans se faire oublier.
Partir, en se retournant quand même un peu, sur ces joyeux gais lurons qu’on appelle nos amis, sur ces piliers inestimables qu’on appelle la famille.
Réfléchir, culpabiliser, parce qu’il y a la douleur de la distance, parce que toutes les peurs apprises et assénées font surface et que le vaste monde paraît brouillé, flouté, trop opaque pour être appréhendé.
Et puis ne plus hésiter, partir parce que cela devient une nécessité, non pas pour fuir mais pour se nourrir et grandir des paysages, des cultures, de l’histoire de l’humanité. Pour ouvrir son cœur, son propre passé, ses bras et toute sa sensibilité. Parce que c’est un besoin, que l’on est convaincu de ne pas avoir assez d’une jeunesse pour s’émerveiller et que rester nous ferait perdre un peu de notre âme et rendrait le quotidien aseptisé.
Nous sommes de ceux qui partent. Nous sommes de cette génération pour laquelle le voyage est accessible et facile, parfois obligatoire, mais nous ne sommes pas de ceux qui trouvent ça banal, qui prennent cette décision pour collectionner les patchs sur leurs sacs à dos et les tampons sur leurs passeports. Nous ne sommes pas de ceux qui oublient, le travail, les responsabilités, les factures à payer. Nous sommes de ceux qui savent qu’ils ont une chance inestimable et qui profitent de chaque minute, chaque instant et laissent s’imprégner en eux les secondes comme une éternité.
Sentir la chaleur douce du soleil d’après mousson, observer les tchadors s’envoler et les sourires rouges de bétel, les déserts brûlants et les rizières sacrées.
Le voyage, ce sont des moments intenses de joie, de découverte, d’émotions que l’on partage, ce sont des moments de stress, de fatigue, de colère que l’on supporte, ce sont des moments de réflexion, de discussion, de questionnements qui s’imposent à nous.
Nous vous souhaitons à tous de vivre le voyage, qu’il soit dans la ville d’à côté où à l’autre bout du monde, il nous semble être la meilleure façon d’avoir enfin une conversation avec soi même, de mieux se connaître et revenir, pas tout à fait différent et tout à fait nous mêmes.