Téhéran, la bouillonnante

entre tradition et modernité

Selon le point de vue que l’on adopte, les personnes que l’on rencontre ou les sources d’informations que l’on choisit,  l’Iran peut être vue comme traditionaliste ou réformiste, excessivement religieuse ou profondément tournée vers le changement. Au delà des considérations politiques et des conflits dont elle est à la fois partie prenante et victime collatérale, l’Iran est aussi pour nous berceau de la poésie, royaume de couleurs et d’histoires, source d’inspiration et de beauté.

Nous souhaitions partir à la découverte de ce pays mystérieux, ses immensités, ses espaces désertiques et sa diversité  mais avant toute chose, nous étions animés par une profonde envie de découvrir la générosité de sa population. 

 

Pour nous, partir à la découverte de l’ancienne perse, c’est s’assurer un voyage hors du temps.

 

Chapitre I: Téhéran la bouillonnante.

 

6h: Ahmad le chauffeur de taxi nous emmène à vive allure au centre de la ville, qui, aux première lueurs, dévoile son immensité. Les paysages arides, les panneaux publicitaires démesurés, les constructions inachevées défilent derrière la vitre nous rappelant les croquis d’un certain Riad Sattouf.

Le bruit des Klaxons, des marchands de tous produits et l’effervescence qui y règne nous incitent à arpenter les rues sans but particulier.

L’odeur du curcuma, le son des casseroles en cuivre nous mènent jusqu’au grand bazar, coeur battant de la ville.

La fatigue se fait sentir, Téhéran ne se laisse pas appréhender facilement. 

Nous prenons de la hauteur pour admirer la vue de nuit et respirer plus facilement.

Les iraniens se retrouvent entre amis ou en famille dans ce qui semble être une fête foraine. Les Frisbee fendent l’air, la radio crépite, les téléphones éclairent les visages des adolescentes discrètes, qui osent parfois faire tomber leur voile. A cet instant, la lumière des néons se reflétant sur le tcahdor des dames nous permet de prendre conscience de l’essence de cette ville, alternant perpétuellement entre tradition et modernité.

Les discussions menées avec les iraniens rencontrés durant ces deux jours passés à Téhéran nous confirmeront ce ressenti.

 

La population souffre de la situation géopolitique, la monnaie chute depuis un an, bien que diplômés et très cultivés, les jeunes ne trouvent pas de travail. Pourtant, l’ouverture d’esprit est omniprésente, la gentillesse des iraniens est sans limite et plusieurs d’entre eux nous feront part de leur rêve de découvrir le monde et partager leur culture.

 

Nous repartons de Téhéran étourdis par la chaleur et la pollution. Nous avons le sentiment d’avoir eu la chance d’assister aux prémices d’une émancipation, notamment féminine, donnant lieu à toutes sortes de situations étonnantes et annonciatrice de nombreux changements. 

 

Nous filons direction Kashan, la ville des roses et porte d’entrée du désert de dasht-e-kavir, suite de notre périple.

Iran

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